Imprimer

La mauvaise utilisation des antibiotiques a des conséquences néfastes, dont une antibiorésistance, a affirmé, mercredi, la sous-directrice des maladies prévalentes et de l’alerte sanitaire au ministère de la Santé, Samia Hamadi. «La seule solution est de contrer la surconsommation d’antibiotiques et limiter ainsi le développement de la résistance des bactéries», a-t-elle précisé lors d’une journée d’étude sur la résistance à ces molécules, organisée à l’Institut national de santé publique (INSP), à Alger. Pour la responsable, l’automédication est principalement à l’origine de ce problème de santé, d’où l’impératif de consulter les spécialistes avant la prise d’un traitement médical. Dans ce sillage, elle a rappelé que la prise d’un antibiotique ne doit pas être systématique. «Lorsque ce type de médicament est utilisé anarchiquement, il y a risque que les bactéries censées être neutralisées développent une résistance entraînant l’inefficacité du traitement», a-t-elle précisé. Dans le détail, elle explique que les malades ont tendance à acheter ou à doser eux-mêmes le traitement, sans consultation du médecin, provoquant à la longue une résistance à ces traitements. «La problématique de l’automédication, enchaîne le Dr Fourar, directeur de la prévention au ministère de la Santé, nous a poussé à mettre en place un texte réglementaire obligeant les pharmaciens à ne fournir les antibiotiques que sur ordonnance.» Il regrette, toutefois, que cette réglementation ne soit pas appliquée par toutes les pharmacies. «Les inspections n’ont pas réussi à dissuader les pharmaciens qui continuent à travailler de manière anarchique», soutient-il. Le Dr Djamel Fourar a rappelé que l’Organisation mondiale de la santé a tiré la sonnette d’alarme sur la question, d’autant plus qu’à l’échelle mondiale, la production annuelle de ces molécules est limitée. Le Dr Samia Hamadi a, par ailleurs, insisté sur le plan national d’actions de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (2020-2024), élaboré en 2017 et effectif depuis une année. Ce plan est basé sur cinq pivots, à savoir la surveillance, la sensibilisation, la maîtrise de la gestion ainsi que la coordination interministérielle. «Tout le monde s’implique pour lutter contre ce problème récurrent en mobilisant les médecins, le ministère de la Communication, celui de l’Agriculture, la société civile et les citoyens», a-t-elle précisé                                                                                                                                                                      Elle a, en outre, rappelé que la résistance aux antimicrobiens, concerne outre les antibiotiques, les antirétroviraux, les médicaments utilisés contre les parasites.

Samira Azzegag