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L'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV) s'est dite  confiante  envers les   différents medias audio-visuels  nationaux publics et privés qui seront au rendez vous   lors de la prochaine présidentielle.  L’ARAV a appelé  ces derniers à faire preuve « d'objectivité, de partialité et de rejet de la provocation et de l'alarmisme ».

Entretien réalisé par: Assia Boucetta

Certes  les chaînes de télévision et les réseaux sociaux demeurent des  organes privilégiés  en pareille circonstance.  L’APS   reste toutefois  l’incontournable.  «  Le média des médias » est appelé  « à encadrer » l’information et à contenir les effets néfastes des  « fake news ». Son  directeur - général d'APS, Fakhreddine Beldi  evoque  dans cet entretien les défis qui attendent l’agence  à la veille de la présidentielle.  

En quoi consiste la couverture d’une campagne électorale par l’APS ?

Le travail journalistique d’ordonnancement de l’événement électoral commence, comme pour tout organe de presse, par l’élaboration d’un agenda. Il concerne   l’événement  lui-même mais aussi ce qu’il y a en amont et en aval.  Tenus de proposer une traduction journalistique de la campagne de chaque candidat, celle  ci doit être  la plus « objective » possible. Nous devons observer une neutralité totale et être dans la même lignée que l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). L’APS ne peut, de ce fait et  en aucun cas favoriser un candidat par rapport à un autre. Quelque que  soit le nombre de candidats en lice pour la magistrature suprême, notre agence a  les moyens de couvrir les déplacements de chacun. Nous avons plus de 300 journalistes qui pourront être mobilisés pour ce rendez vous crucial. Nous allons, par ailleurs, traiter l’événement dans  tous ses aspects ( psychologique, social, politique….)

 

Comment compter vous préserver le statut de premier  fournisseur d'informations en Algérie ?

Pour relever le défi des réseaux sociaux et le direct des chaînes de télévision qui ont un impact sur le travail de l’agence, nous devons  exploiter les informations qu’ils diffusent. Nous avons des atouts majeurs à savoir un travail de précision, rapide et objectif, soit un  maximum de  faits à  authentifier   en temps réel. L’APS tente de contrecarrer cette nouvelle dynamique en transmettant des informations plus crédibles. Certes, on ne peut pas répondre à toutes les informations erronées.  Mais lorsqu’il s’agit d’une rumeur nous ripostons en contactant  la source, seule à pouvoir porter un jugement sur la validité de l’information. C’est ce que nous avons, souvent, fait après avoir lu dans certains journaux une information qui revêt un caractère  un peu contradictoire. Nous contactons alors  le ministère de la Communication ou  le département de la Justice pour confirmer ou infirmer celle-ci   . Les réseaux sociaux ne s’appuient, souvent  sur aucune source  et échouent à fournir au lecteur une information crédible. Ce qui est loin d’être le cas pour une agence de presse qui a besoin de préserver sa crédibilité, tout en veillant au respect du service public.

Pensez vous pouvoir faire face à la féroce concurrence des chaînes de télévision privées et des  réseaux sociaux ?

C’est  à cela que  s’attellent  les agences de presse de manière générale. A l’APS, il y a des journalistes qui suivent le direct des chaînes privées (DSQ) pour pouvoir appréhender  ce problème au regard de la rapidité avec laquelle l'information se répand  et la multitude de sources d'où elle provient. L’APS demeure  à la recherche constante des meilleurs  moyens d'utilisation de la technologie au service d'une information exacte,   vérifiée et étayée. Et cela  contrairement aux réseaux sociaux qui fonctionnent par des alertes que nous exploitons en notre faveur. Nous recourons alors  à la    vérification des faits, la rédaction automatique ou    l'analyse des données.